mardi 13 août 2013

Père, entre tes mains...

Criant d’un grand cri, Jésus dit :  « Père, entre tes mains, je remets mon esprit ». Ayant dit cela, il expira.
Luc 23, 46

Esprit de Jésus, recueille sa prière
Esprit de Jésus, rassemble-nous dans le cœur du Père

Criant d’un grand cri, Jésus dit : 
Comme un appel, un désir véhément, une confiance éperdue…

« Père, entre tes mains, je remets mon esprit ».
Jésus, à nouveau s’adresse au Père. Il y a peu il lui demandait de pardonner à ses bourreaux. Maintenant il s’abandonne à lui. C’est la confiance, la tendresse qui émane de cette dernière parole. Jésus s’abandonne entre les mains du Père. Apparemment abandonné par l’humanité, il continue sa mission et témoigne du Père, jusque dans sa mort. Jésus reprend un verset de psaume, et il l’adresse au Père. Ainsi la prière des psaumes qui a nourri son existence l’accompagne jusqu’à son terme. Force d’une vie consacrée au Père dans l’amour, pas un instant n’échappe à cette communion.

Ayant dit cela, il expira.
Tout est dit, tout est accompli. Jésus s’endort dans la mort. S’il n’a pu échapper à la haine, à la condamnation injuste, il a tenu bon jusqu’au bout, dans la fidélité au Père.

Aujourd’hui je reste en silence devant ce grand mystère. Devant ce passage de Jésus de ce monde au Père. Jésus donne-moi de t’accompagner, humblement, autant qu’il est possible.

1 commentaire:

Françoise Renard a dit…

A toi, Jésus, mon frère et mon Dieu.
Voilà, c’est fini. Le voile s’est déchiré, tu remets ton esprit entre les mains de ton Père…
Longtemps, j’ai regardé ta croix sans rien comprendre.
On m’avait dit que tu t’étais sacrifié pour le rachat de nos péchés. On m’avait dit que tu obéissais à ton Père. D’autres disaient que tu avais été sacrifié par tes condamnateurs. Cela n’avait aucun sens.
Quel serait le père qui contraindrait son fils à une mort aussi cruelle ? Et pourquoi te sacrifier, toi-même ou par obéissance alors que, dès ton baptême, ton Père t’avais désigné comme son Fils, son Christ, notre Messie, annonçant la réalisation d’un Royaume auquel personne ne pourrait renoncer, s’il acceptait la possibilité de son existence. Tu n’avais aucun besoin de passer par la croix pour être rendu sacré. Cela ne voulait rien dire.
Et tes condamnateurs ? Eux ne voulaient certainement pas te sacrifier. Un sacrifice, cela aurait signifié qu’ils voulaient que leur dieu les prenne sous sa protection, qu’il rétablisse la paix ou donne de bonnes récoltes, toutes choses dans ce genre. Mais pas une trace de cela dans leur motivation.
Aujourd’hui, sans aucune certitude d’avoir compris pleinement ce que tu nous disais en mourant comme un criminel sur cette croix, je veux déjà te dire merci.
Merci à toi, Jésus, mon frère et mon Dieu, car cette croix, elle me dit tout. Elle me dit tout de nous et beaucoup de toi.
Elle me dit tout de nos querelles de pouvoir, du sentiment de détenir une vérité dont on ne serait digne qu’en respectant des préceptes figés, de notre crainte d’être mis en question.
Elle me dit notre lâcheté lorsque l’enjeu politique est de taille, lorsque nous sommes prêts à fermer les yeux sur de criantes injustices parce que cela pourrait avoir des conséquences sur nous-mêmes ou sur nos proches.
Elle me dit notre peur, notre fuite face au risque d’être questionnés sur notre implication dans des faits ou des discours de résistance à l’exclusion, dans des solidarités qui dérangent…
Elle me dit aussi les conséquences effroyables de ces faiblesses…
Oui, c’est sur cette croix que tu remets ton esprit entre les mains du Père, après des souffrances atroces que tu n’avais pas méritées. Et cette torture ultime que tu as acceptée, elle me dit qui tu es vraiment.
Si, par magie, tu t’étais échappé, que resterait-il de ton message ? Garderions-nous aujourd’hui la moindre trace de ton passage ? C’est cela qui n’aurait aucun sens. Tu te serais comporté comme le héros d’une belle histoire, sans plus.
Chacun de tes mots, chacune de tes rencontres, chacun de tes actes avait été un appel à l’ouverture, à l’amour, à la proximité des plus faibles. Et tu aurais usé d’un subterfuge pour échapper à l’absurdité de ta condamnation? C’était peut-être logique pour tes bourreaux, mais pas pour toi.
Tu vas jusqu’à la croix, cohérent jusqu’au bout, pleinement humain par ta souffrance, pleinement divin par ta force sereine.
Tu restes silencieux devant tes accusateurs, tu pardonnes ceux qui t’exécutent, et tu emmènes avec toi le malfaiteur auprès du Père.
Enfin tu t’abandonnes.
Ainsi, ta croix nous laisse l’éclatante démonstration des effets destructeurs d’une humanité égocentrique. Et toi, sur cette croix, tu nous indiques le chemin à prendre si nous voulons relever le défi d’une humanité vivante pleinement réalisée, tu nous donnes toute l’expression de ton amour sans faille, pour finalement t’abandonner au Père.
Permets que, à ta suite, nous recherchions dans chaque rencontre et dans chaque décision l’occasion de devenir dignes de cet abandon.