jeudi 24 janvier 2013

Mon enfant


Luc 16
25 Mais Abraham dit : “Mon enfant, souviens-toi que tu as reçu beaucoup de biens pendant ta vie, tandis que Lazare a eu beaucoup de malheurs. Maintenant, il reçoit ici sa consolation, tandis que toi tu souffres. 26 De plus, il y a un profond abîme entre vous et nous ; ainsi, ceux qui voudraient passer d'ici vers vous ne le peuvent pas et l'on ne peut pas non plus parvenir jusqu'à nous de là où tu es.”

Esprit Saint, inspire toutes nos décisions, toutes nos démarches, à la lumière de la Parole.

Mais Abraham dit : “Mon enfant : le premier mot d’Abraham mérite qu’on s’y arrête un instant. D’abord pour souligner la douceur de ce mot ; il n’évoque en tous cas ni accusation, ni condamnation. Ensuite parce qu’être enfant d’Abraham, c’est appartenir au peuple élu. Les pharisiens disaient à Jésus : « Notre père, c'est Abraham. » (Jn 8,39), mais Jean-Baptiste déjà les mettait en garde : « Ne vous avisez pas de dire: nous avons pour père Abraham… » (3,8).

souviens-toi que tu as reçu beaucoup de biens pendant ta vie : se souvenir… faire mémoire… mais avant cela voir, apprécier tout ce qui nous est donné, savoir que rien ne nous est dû, que tout est offert par grâce, que tout est à accueillir…

tandis que Lazare a eu beaucoup de malheurs : cela n’a été ni offert ni reçu, juste un fait à constater, sans non plus chercher des coupables ou des responsables.

Maintenant, il reçoit ici sa consolation, tandis que toi tu souffres :  étrange : heureux sur terre, malheureux après la mort ??? Voilà un autre piège du récit : s'imaginer être devant un exercice de justice rétributive; le riche a connu les plaisirs de la vie, c'est maintenant au tour du pauvre ! Ce serait un comble car Dieu ne veut que notre bonheur, et il n'y a pas deux bonheurs, celui de la terre et celui du ciel : c'est tout un, le bonheur de vivre, aujourd'hui, dans notre monde à nous, même s'il est souvent cruel et déchiré, un bonheur qui se prolongera demain, plus beau et plus grand.

De plus, il y a un profond abîme entre vous et nous ; ainsi, ceux qui voudraient passer d'ici vers vous ne le peuvent pas et l'on ne peut pas non plus parvenir jusqu'à nous de là où tu es : Abraham n’est pas insensible à la situation de « l’homme riche », il ne se réjouit pas que justice soit faite ! Non, il ne lui est tout simplement pas possible de faire quoi que ce soit pour lui. En effet, après la mort, le sort de chacun est fixé définitivement selon l'ordre proclamé par les béatitudes.

Seigneur Jésus, montre-nous que chaque instant est à vivre en plénitude, que tout ce que nous recevons nous est donné gratuitement, que nos dons ne sont destinés qu’à faire croître le Royaume.

1 commentaire:

Françoise Renard a dit…

Au cours de la lecture de ces versets (22-25), je me pose une question : pourquoi Abraham ? Pourquoi, pas Yahvé ? Abram est celui à qui Yahvé a donné, pour rétribution de sa fidélité, nouveau nom, descendance et biens. Il est donc devenu riche, patriarche reconnu par une longue lignée sensible à ces dons de la première alliance. Quelle autre image aurait été plus claire pour le public qui écoutait Jésus à ce moment ? La richesse durable ne provient pas de notre situation sociale ou de nos bénéfices d’activités économiques. Elle nous est donnée, pas toujours au moment attendu, et elle est durable.