lundi 29 mai 2017

Je ne me tairai pas

Es 65
3 Ce peuple m’offense, ouvertement, sans cesse :
ils sacrifient dans les jardins, brûlent de l’encens sur des briques,
4 ils habitent dans les tombeaux, passent la nuit dans des cachettes,
ils mangent de la viande de porc, avec des sauces impures dans leurs plats ;
5 ils disent : « Retire-toi ! Ne m’approche pas, je suis trop saint pour toi ! »
Cela fait monter en moi une fumée de colère, un feu qui brûle à longueur de jour.
6 Voilà, c’est écrit devant moi : 
je ne me tairai pas sans avoir réglé leur compte, tout leur compte,
7 le prix de leurs fautes et des fautes de leurs pères, toutes ensemble 
– dit le Seigneur ;
 ils ont fait brûler l’encens sur les montagnes, ils m’ont outragé sur les collines.
Je mesurerai leur salaire, tout leur salaire, à leurs actions passées.

Viens Esprit Saint, éclaire-nous, conduis-nous sur tes chemins, inspire toutes nos actions car elles ont du poids aux yeux du Seigneur.

Ce peuple m’offense, ouvertement, sans cesse : ils sacrifient dans les jardins, brûlent de l’encens sur des briques, ils habitent dans les tombeaux, passent la nuit dans des cachettes, ils mangent de la viande de porc, avec des sauces impures dans leurs plats : « Dieu ne verra pas » narguent les méchants dans le psaume 63. Les rebelles vont dans les bois sacrés pratiquer leur culte, dans les grottes, lieu de la nécromancie interdite en Israël comme est interdite la viande de porc… Tout cela atteint Dieu, tout cela lui est offense.

ils disent : Retire-toi ! Ne m’approche pas, je suis trop saint pour toi : se prennent-ils pour des dieux ?

Cela fait monter en moi une fumée de colère, un feu qui brûle à longueur de jour : alors monte la colère de Dieu. Car là non plus il n’est pas indifférent ; de voir des hommes qui se conduisent ainsi, qui  se détruisent, oui, cela l’atteint.

Voilà, c’est écrit devant moi : je ne me tairai pas sans avoir réglé leur compte, tout leur compte, le prix de leurs fautes et des fautes de leurs pères, toutes ensemble – dit le Seigneur : ils ont fait brûler l’encens sur les montagnes, ils m’ont outragé sur les collines. Je mesurerai leur salaire, tout leur salaire, à leurs actions passées : « je ne me tairai pas » dit le Seigneur. Si l’homme lui fait outrage par sa conduite, s’il se tourne vers d’autres divinités au point de leur rendre l’hommage dû à Dieu seul, cela n’est pas sans conséquence : notre Dieu est un Dieu jaloux, il veut tous nous rassembler en son amour, il ne peut voir ses enfants se détourner sans réagir : le Seigneur est un Dieu qui parle, qui répand sa parole efficace, rien ne pourra le faire taire, surtout pas l’idolâtrie des « impies ».


Seigneur Dieu, ta parole est cette épée à double tranchant qui pénètre les cœurs et les esprits, qui discerne les pensées et les intentions du cœur (He 4,12). Qu’elle nous trouve attentifs, avides de l’entendre, de l’accueillir, de la suivre.

dimanche 28 mai 2017

Je me suis laissé trouver

Es 65
1 Je me suis laissé approcher par qui ne me demandait rien,
je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas.
J’ai dit : « Me voici ! Me voici ! » à une nation qui n’invoquait pas mon nom.
2 J’ai tendu les mains, tout le jour, vers un peuple rebelle,
vers ceux qui suivent le mauvais chemin, entraînés par leurs pensées.

Viens Esprit Saint, viens nous rejoindre tous ces jours où nous ne te demandons rien, tous ces jours où nous ne te cherchons pas.

Je me suis laissé approcher par qui ne me demandait rien : avant-dernier chapitre du livre d’Esaïe qui s’ouvre sur un très beau duo de versets, écrit tout en poésie et en contraste. Beau dans la forme et magnifique dans le sens. La TOB écrit « je me suis laissé rechercher » malgré la contradiction avec le verset suivant. Contempler ce Dieu qui se laisse approcher… quelle que soit la demande qui habite les cœurs.

je me suis laissé trouver par ceux qui ne me cherchaient pas : Paul reprendra ces mots dans son épître aux Romains (10,20) en désignant les « païens », confirmant ainsi l’intuition d’Esaïe et ouvrant largement la porte des communautés chrétiennes aux « non-juifs ». Mais il y a dans nos vies tant d’épisodes où nous ne le cherchons pas… et voilà que nous est dit une vraie parole d’espérance : même à ces moments-là, Dieu se laisse trouver. Dans ces mots s’expriment si bien à la fois le désir de Dieu, sa « disponibilité », son respect de notre rythme et de notre liberté.

J’ai dit : « Me voici ! Me voici ! » à une nation qui n’invoquait pas mon nom : « me voici » : des mots qui parcourent la Bible, dit par l’homme en réponse à son Dieu, dit d’abord par Dieu, avec insistance (exprimée dans la répétition) et précédant tout appel !

J’ai tendu les mains, tout le jour, vers un peuple rebelle, vers ceux qui suivent le mauvais chemin, entraînés par leurs pensées : des mains tendues, suppliantes, qui invitent, qui attendent aux long des heures du jour…  Mains tendues vers les fils d’Israël (pour Paul) ou vers ceux d’entre eux qui suivent de mauvais chemins comme cela va être développé dans la suite.


Seigneur Jésus, ton désir de nous rassembler auprès de toi n’a d’égal que ta patience et ton respect de notre cheminement. Tu es le Dieu qui se laisse approcher, qui se laisse trouver. Béni sois-tu ! Donne-nous de voir ta main tendue, donne-nous de répondre à son invitation. Et mets sur nos lèvres ce « me voici » que tu nous apprends toi-même. 

vendredi 26 mai 2017

Peux-tu rester insensible ?


Es 64
9 Elles sont devenues un désert, tes villes saintes ;
Sion est devenue un désert, Jérusalem, une désolation.
10 Notre Maison sainte et resplendissante,
où nos pères te louaient,
est devenue la proie du feu ;
tout ce qui nous était cher est en ruines.
11 Peux-tu rester insensible à cela, Seigneur, te taire et nous humilier à l’excès ?

Viens Esprit Saint, vient nous révéler la tendresse et la compassion qui habitent le cœur de notre Dieu.

Elles sont devenues un désert, tes villes saintes ; Sion est devenue un désert, Jérusalem, une désolation : ils sont revenus d’exil, mais la désillusion est grande ; le temple n’a pu être reconstruit, à part quelques fondations et l’autel ; c’est la désolation, la haine entre frères, la peur et le mépris des étrangers…

Notre Maison sainte et resplendissante, où nos pères te louaient, est devenue la proie du feu ; tout ce qui nous était cher est en ruines : les conditions de vie sont très difficiles, les rivalités, la violence entraînent le découragement et les récriminations.

Peux-tu rester insensible à cela, Seigneur, te taire et nous humilier à l’excès ? : alors voilà de nouveau Dieu responsable de cette humiliation… Mais peut-être la question est-elle une interpellation, une profession de foi de la part du prophète : non, Dieu n’est pas insensible ! Le psalmiste l’avait affirmé avec force : « Il en coûte au Seigneur de voir mourir les siens ! » (Ps 116,15). Et la contemplation de Jésus de Nazareth nous révèle un Dieu « pris aux entrailles » devant la misère de ceux sur lesquels se pose son regard.


Seigneur, tu es le Dieu bon et bienfaisant, et la souffrance de tes bien-aimés atteint ton cœur de Père. Apprends-nous à partager ta compassion.

jeudi 25 mai 2017

Nous sommes l'argile

Es 64
7 Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père.
Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes :
nous sommes tous l’ouvrage de ta main.
8 Seigneur, ne t’irrite pas à l’excès,
ne te rappelle pas la faute à jamais.
Ah, de grâce, regarde : tous, nous sommes ton peuple !

Viens Esprit Saint, regarde-nous, éclaire-nous, façonne-nous !

Mais maintenant, Seigneur, c’est toi notre père : le prophète fait de nouveau volte-face : il vient de décrire le peuple « au pouvoir de ses fautes »… et un « mais maintenant » change du tout au tout la perspective. Revoici la belle profession de foi déjà énoncée au dernier verset du chapitre précédent : « c’est toi notre père ! »

Nous sommes l’argile, c’est toi qui nous façonnes : nous sommes tous l’ouvrage de ta main : « nous sommes l’agile »… et tu es le potier. Ces mots-là, on ne peut les dire que dans l’amour et la confiance, on ne peut les dire qu’à un père qui veut tout le bien possible à ses enfants, qui veut tout leur donner. Oui, nous sommes l’ouvrage de ses mains, lui notre créateur. Quel beau titre : être ouvrage dans la main du Père !

Seigneur, ne t’irrite pas à l’excès, ne te rappelle pas la faute à jamais : la conscience de la faiblesse de l’homme est toujours présente…

Ah, de grâce, regarde : tous, nous sommes ton peuple ! : reste alors le cri de la prière : Ah, de grâce ! Mais ce cri aussi est confiant : regarde ! Il ne s’agit pas de se dérober mais bien de désirer le regard de Dieu sur nous. Nous pouvons ainsi prier avec le psaume 138 « Tu me sondes et me connais... tu m’as façonné dès le sein de ma mère… regarde la merveille que je suis »

Seigneur Dieu, regarde ton peuple, ouvrage de tes mains.
Toi, mon Dieu et Père, modèle-moi, façonne-moi, transforme-moi de plus en plus à ton image.



mercredi 24 mai 2017

Tu viens rencontrer

Es 64
4 Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice, 
qui se souvient de toi en suivant tes chemins.
Tu étais irrité, 
mais nous avons encore péché, 
et nous nous sommes égarés.
5 Tous, nous étions comme des gens impurs, 
et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés. 
Tous, nous étions desséchés comme des feuilles, 
et nos fautes, comme le vent, nous emportaient.
6 Personne n’invoque plus ton nom, 
nul ne se réveille pour prendre appui sur toi. 
Car tu nous as caché ton visage, 
tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes.

Viens Esprit Saint, viens nous montrer le visage de notre Dieu puisqu’il vient à notre rencontre.

Tu viens rencontrer celui qui pratique avec joie la justice : notre Dieu est un Dieu en mouvement, un Dieu qui « descend » vers nous, qui vient à notre rencontre ! Michée rappelait ce que Dieu réclamait de nous (chap. 6) « rien d'autre que pratiquer la justice, aimer la miséricorde, et marcher humblement avec ton Dieu ». Esaïe y ajoute une merveilleuse nuance : « avec joie ». La joie n’est pas une conséquence, elle est intrinsèque à l’acte de justice. Voilà la condition pour que s’opère la rencontre avec le Seigneur !

qui se souvient de toi en suivant tes chemins : faire mémoire, se rappeler ce que Dieu fait (pour son peuple, pour toi…) ce que Dieu est, et donc se laisser attirer, séduire, au point de désirer marcher sur son chemin.

Tu étais irrité, mais nous avons encore péché, et nous nous sommes égarés. Tous, nous étions comme des gens impurs, et tous nos actes justes n’étaient que linges souillés. Tous, nous étions desséchés comme des feuilles, et nos fautes, comme le vent, nous emportaient : Dieu s’irrite quand ses enfants s’égarent. Le tableau est noir : tous se sont laissés emportés, desséchés, les images sont suggestives.

Personne n’invoque plus ton nom, nul ne se réveille pour prendre appui sur toi : on n’attend plus rien du Seigneur, on ignore son « nom », on se détourne de sa personne ; on ne dit plus ce beau verset du psaume (142,8) : « Fais que j'entende au matin ton amour car je compte sur toi. » Redire à chaque aurore combien on compte sur le Seigneur !

Car tu nous as caché ton visage, tu nous as livrés au pouvoir de nos fautes : et, en désespoir de cause, voilà la faute rejetée sur Dieu même ! C’est lui qui livrerait aux péchés ! C’est lui qui cacherait son visage ! Pourtant le v. 4 parle au contraire d’un Dieu qui vient à la rencontre (le visage à découvert ?)… de celui qui pratique la justice…


Seigneur Dieu,  tu viens à notre rencontre, tu viens « converser » avec les hommes, tu rêves de nous rencontrer sur tes chemins, agissant joyeusement pour réaliser ta Justice. Permets que nos désirs rejoignent le tien !