jeudi 25 août 2016

Que tu es belle !

Ct 1
(Lui) 15 Ah ! Que tu es belle, mon amie ! Ah ! Que tu es belle : tes yeux sont des colombes !
(Elle) 16 Ah ! Que tu es beau, mon bien-aimé : tu es la grâce même !
La verdure est notre lit ; 17 les cèdres forment les poutres de notre maison et les genévriers, nos lambris.

Viens Esprit Saint, viens chanter en nous la beauté de l’Aimé.

(Lui) Ah ! Que tu es belle, mon amie ! Ah ! Que tu es belle : tes yeux sont des colombes !
(Elle) Ah ! Que tu es beau, mon bien-aimé : tu es la grâce même !
Voici que le poème devient chant, que le dialogue devient duo. Le thème identique et premier, c’est leur beauté ! Elle le voit beau, parce ses yeux ont la pureté de la colombe. Elle est devenue belle parce qu’elle s’est approchée de lui, qu’elle l’a rejoint en sa demeure. « Allons-nous-en nous voir en ta beauté » disait St Jean de la Croix.
« Que tu es belle ! », le jour où nous entendons à notre tour notre Dieu nous dire ces mots, ce jour-là nous savons combien il nous aime et attend notre amour.

La verdure est notre lit ; les cèdres forment les poutres de notre maison et les genévriers, nos lambris : toute la terre leur est donnée pour s’aimer, toute la nature, toute la création est le lieu de leur bonheur. Ainsi le Cantique, poème personnel et intime s’il en est, s’ouvre aussi à la dimension universelle. Dieu est présent dans sa création et la beauté de la nature nous parle de celle de Dieu.

Seigneur Jésus, rends mon oreille attentive à ton murmure quand tu me chantes « que tu es belle ! ». Donne-moi de voir mes frères et sœurs avec tes yeux. 

mercredi 24 août 2016

Ô mon amie

Ct 1
(Lui)  9 Cavale attelée aux chars de Pharaon, ainsi tu m’apparais, ô mon amie !
10 Quel charme, tes joues entre tes boucles, ton cou entre les perles !
11 Nous te ferons des boucles d’or, incrustées d’argent.
(Elle) 12 Quand le roi est dans ses enclos, mon nard répand sa bonne odeur. 13 Mon bien-aimé, pour moi, est un sachet de myrrhe : entre mes seins, il passera la nuit.
14 Mon bien-aimé, pour moi, est un rameau de cypre parmi les vignes de la source du chevreau.

Viens Esprit Saint, que la parole de ce jour nous donne de vivre en union profonde avec notre Dieu.

(Lui) Cavale attelée aux chars de Pharaon, ainsi tu m’apparais, ô mon amie : elle le désirait sans savoir où le chercher, et voilà que soudain il est là ! L’arrivée est si soudaine qu’il parle comme si elle-même venait de lui apparaître. Tout au long du Cantique, nous verrons l’époux apparaitre et disparaître brusquement et mystérieusement, comme si souvent Dieu dans la Bible, et Jésus dans l’Evangile… ou dans nos vies.
Il s’adresse directement à elle et elle reçoit de lui le beau nom d’amie, un nom qui dit tout en lui-même, qui n’a pas besoin d’adjectifs pour le définir.

Quel charme, tes joues entre tes boucles, ton cou entre les perles !  Nous te ferons des boucles d’or, incrustées d’argent : boucles et perles sont parfois traduites par anneaux et colliers et seraient alors les entraves de l’esclavage (de l’Egypte, ou du péché, selon les points de vue). Le bien-aimé substitue alors à ces liens des joyaux d’or et d’argent, illustrant tout le charme de son amie. Là encore nous retrouvons Ezéchiel (16,11-13) : « je mis un collier à ton cou … des boucles à tes oreilles… tu étais parée d’or et d’argent ».

(Elle) Quand le roi est dans ses enclos, mon nard répand sa bonne odeur : le premier nom qu’elle donne à son époux maintenant qu’il est là est celui de roi. L’enclos est le lieu de la rencontre, comme les demeures en 1,4 où elle parlait aussi de son roi. Et c’est la présence du roi qui permet à son parfum de se répandre. C’est le nard, ce parfum très précieux venu de l’extrême orient, et qui est réservé à l’épouse. Dans tout le nouveau testament, ce mot est repris une seule fois quand Marie de Béthanie « oignit les pieds de Jésus d’un nard pur » et, nous dit Jean (12,3) « la maison fut remplie de ce parfum ». Les deux scènes pourraient être fortement rapprochées.

Mon bien-aimé, pour moi, est un sachet de myrrhe : entre mes seins, il passera la nuit.
Mon bien-aimé, pour moi, est un rameau de cypre parmi les vignes de la source du chevreau : elle peut maintenant le nommer son Bien-Aimé… car non seulement il réside en son enclos, mais entre ses seins : son cœur est la vraie résidence de son époux. Lui aussi est un parfum, un bouquet de parfums qui n’est que pour elle : « mon Bien-Aimé, pour moi », répète-t-elle.

Seigneur Jésus, permets-moi de te dire aujourd’hui, avec les mots de Thérèse de Lisieux, « tous mes parfums sont à toi sans retour ».

mardi 23 août 2016

Où mènes-tu paître tes brebis ?

Ct 1
7 Explique-moi donc, toi que mon cœur aime, où tu mènes paître tes brebis, où tu les fais reposer aux heures de midi, que je n’aille plus m’égarer vers les troupeaux de tes compagnons.
(Choeur) 8 Si tu ne le sais pas, toi la plus belle des femmes, sors sur les traces du troupeau et mène paître tes jeunes chèvres vers les tentes des bergers.
  
Viens Esprit saint, fais croître en nous la parole, qu’elle nous permette de discerner notre chemin, de marcher « à la trace de Dieu ».
  
Explique-moi donc, toi que j’aime, où tu mènes paître tes brebis : le bien-aimé était époux, roi, et le voici berger. Trois noms souvent associés dans la Bible pour désigner Dieu. Celui de berger nous est familier puisque Jésus lui-même s’y est identifié. Rappelons-nous simplement Ezéchiel : (34,15) « c’est moi qui ferai paître mes brebis, c’est moi qui les ferai reposer ».
« Où mènes-tu paître ton troupeau ? » Ceci est la seule question que posera la bien-aimée, et elle inclut une déclaration d’amour. Son vrai nom, pour elle, est « celui qu’elle aime », celui que son cœur aime, qu’elle aime de tout son être. C’est ainsi qu’elle l’interpelle, c’est ainsi qu’il se reconnaîtra.

où tu les fais reposer aux heures de midi : là où est le berger, là reposent les brebis ; la bien-aimée recherche ce lieu, comme nous-mêmes (à la suite des apôtres) posons aussi cette question : « où demeures-tu ? »

que je n’aille plus m’égarer vers les troupeaux de tes compagnons : elle a avoué n’avoir pas su garder sa vigne, et elle sait qu’elle demeure fragile : elle a peur de s’égarer à nouveau, de rejoindre d’autres bergers, de se perdre en un troupeau qui n’est pas celui de son bien-aimé. Malgré tout son amour pour lui, elle craint de vagabonder encore…

(Choeur) Si tu ne le sais pas, toi la plus belle des femmes, sors sur les traces du troupeau et mène paître tes jeunes chèvres vers les tentes des bergers : elle aussi est maintenant bergère, et pour retrouver son berger, il lui faut le suivre à la trace… suivre la trace de son troupeau… Elle est responsable des biquettes, une tâche à sa mesure, mais, comme les autres bergers,  elle fait partie du grand troupeau que mène son bien-aimé.


Seigneur Jésus, où demeures-tu ? Révèle-le nous afin que nous demeurions toujours avec toi ! Mène-nous là où tu demeures pour que nous puissions reposer en toi. 

lundi 22 août 2016

Je ne l'ai pas gardée

Ct 1
Ne regardez pas à ma peau noire : c’est le soleil qui m’a brunie. Les fils de ma mère se sont fâchés contre moi : ils m’ont mise à garder les vignes. Ma vigne, la mienne, je ne l’ai pas gardée…

Viens Esprit Saint, viens nous éclairer afin que ta parole nous rende plus lucides sur nous-mêmes.

Ne regardez pas à ma peau noire : c’est le soleil qui m’a brunie : voilà un des rares versets où Elle ne parle que d’elle-même. Ces versets 4 et 5 sont une étrange incise dans son chant d’amour. C’est un temps de lucidité sur elle-même, une reconnaissance de sa non-perfection (ce qu’on ne trouve jamais concernant l’Epoux).
  
Les fils de ma mère se sont fâchés contre moi : ils m’ont mise à garder les vignes : tout Israélite entendait sans doute ici les mots d’Isaïe : « je vais chanter à mon bien-aimé son chant d’amour pour sa vigne » car « la vigne du Seigneur, c’est la maison d’Israël ». Et on y lit alors  les erreurs et infidélités d’Israël. Mais la bien-aimée elle-même est un jardin, un vignoble.

Ma vigne, la mienne, je ne l’avais pas gardée… : elle confesse ses errements, son infidélité, la raison pour laquelle elle est exilée, mise à garder des vignes étrangères, comme Israël à Babylone. Sa faute existe, elle le reconnaît, c’est en toute lucidité sur sa faiblesse qu’elle ose pourtant se tourner vers son bien-aimé.


Seigneur Jésus, permets que la conscience de nos faiblesses ne nous éloigne jamais de toi, que la confiance en ta bonté miséricordieuse nous remette sans cesse en route vers toi.

dimanche 21 août 2016

En toi, notre fête et notre joie !

Ct 1
4 Entraîne-moi : à ta suite, courons ! Le roi m’a fait entrer en ses demeures.
(Chœur)  En toi, notre fête et notre joie ! Nous redirons tes amours, meilleures que le vin : il est juste de t’aimer !
(Elle5 Noire, je le suis, mais belle, filles de Jérusalem, pareille aux tentes de Qédar, aux tissus de Salma.

Viens Esprit Saint, viens célébrer en nous l’amour de notre Dieu.


(Elle)  Entraîne-moi : à ta suite, courons : on va beaucoup courir dans le Cantique ! Cette hâte, cette urgence, nous la retrouvons si souvent, que ce soit ailleurs dans la Bible (chez Paul par exemple) ou dans la Règle de Benoît. L’amour et l’empressement vont de pair !

Le roi m’a fait entrer en ses demeures : « Lui » va recevoir une diversité de nom, ce qui nous autorise à le nommer, nous aussi, à notre façon. Pour le moment c’est le « roi ». « Elle » sera aussi nommée diversement mais jamais comme « reine ». C’est Lui qui a ici l’initiative : il l’entraîne, il l’a fait entrer chez lui.

(Chœur) En toi, notre fête et notre joie : le chœur (les jeunes filles ?) prend alors la parole, s’adressant lui aussi au roi. Il va droit à l’essentiel : c’est en lui que se trouvent notre fête et notre joie ! Voilà qui peut être notre profession de foi de ce jour !

Nous redirons tes amours, meilleures que le vin : il est juste de t’aimer : redire, avec l’idée de « célébrer », oui, notre Dieu est digne d’être aimé et nous sommes appelés à célébrer sans cesse son amour.

(Elle)  5 Je suis noire, moi, mais belle, filles de Jérusalem, pareille aux tentes de Qédar, aux tissus de Salma : se comparant sans doute aux jeunes filles à la peau délicate, elle se sent différente, sa peau a pris la couleur de la tristesse, de la douleur. Mais elle se sait belle (puisqu’elle est aimée), avant même qu’il ne le lui dise. Elle se compare en un même verset aux tentes du désert aux poils noirs de chèvres (Qédar veut dire noir et sombre et évoque l’exil d’Israël) et aux voiles blanches de Salma (qui décoraient le temple aux jours de Salomon). Les couleurs de la nuit et du jour, de la tristesse et de la joie s’unissent en son visage.

En toi, Seigneur Jésus, notre fête et notre joie ! Béni sois-tu !