jeudi 21 septembre 2017

La main que je lui tends

Ps 17

21 Le Seigneur me traite selon ma justice,
il me donne le salaire des mains pures,
22 car j'ai gardé les chemins du Seigneur,
jamais je n'ai trahi mon Dieu.
23 Ses ordres sont tous devant moi,
jamais je ne m'écarte de ses lois.
24 Je suis sans reproche envers lui,
je me garde loin du péché.
25 Le Seigneur me donne selon ma justice,
selon la pureté des mains que je lui tends.



Viens Esprit Saint, viens éclairer ma route, que je garde tes commandements qui font toute ma joie.

Le Seigneur me traite selon ma justice, il me donne le salaire des mains pures : après les descriptions de ses malheurs, des menaces qui l'entourent, après l'appel au secours et le geste de la main tendue, nous changeons de ton. Cette nouvelle tonalité a été introduite à la fin du verset précédent : « il m'aime ».

Cette séquence-ci est, pour l'essentiel, une description de l'agir du psalmiste. Nous retrouvons un thème récurrent de ce psaume : celui de la justice. Le psaume 16 s'était ouvert sur LA justice, et refermé sur TA justice.

Ici, troisième angle de vue, c'est MA justice, celle du priant. Comme l'amour qui vient de Dieu seul et est destiné à être vécu et partagé par tous, ainsi la justice de Dieu (qui n'est qu'une conséquence de son amour) est vouée à être vécue par tous et pour tous.

car j'ai gardé les chemins du Seigneur, jamais je n'ai trahi mon Dieu : nous retrouvons une autre caractéristique du Ps 16 dans cette assurance étonnante du psalmiste : il a toujours marché sur les chemins du Seigneur... déjà un exploit ! Mais en plus, il affirme n'avoir jamais trahi SON Dieu. Le possessif traduit bien à propos la relation personnelle entre Dieu et son fidèle. Est-ce là que s'ancre une telle certitude ?

Ses ordres sont tous devant moi, jamais je ne m'écarte de ses lois. Je suis sans reproche envers lui, je me garde loin du péché : dans la répétition l'insistance sur cette fidélité, apparaît un nouveau mot : « sans reproche » : sans retour, sans écart de sa droiture.

Le Seigneur me donne selon ma justice, selon la pureté des mains que je lui tends : reconnaissance d'un don mais qui apparaît moins ici comme à l'origine que comme récompense de l'action. Le verset 21 parlait d'ailleurs explicitement d'un « salaire ». Sans doute faut-il des mains tendues vers Dieu mais moins pour démontrer leur pureté que pour accueillir le don initial.

Seigneur, tu es ce Dieu auquel on peut parler en toute confiance, parfois avec un brin de folie. Mais tu aimes tes enfants audacieux qui se tiennent devant toi avec audace.


mercredi 20 septembre 2017

Il m'aime

Ps 17
17 Des hauteurs il tend la main pour me saisir,
il me retire du gouffre des eaux ;
18 il me délivre d'un puissant ennemi, 
d'adversaires plus forts que moi.
19 Au jour de ma défaite ils m'attendaient, 
mais j'avais le Seigneur pour appui.
20 Et lui m'a dégagé, mis au large, 
il m'a libéré, car il m'aime.

Viens Esprit Saint, révèle-moi ton amour au travers de cette parole : qu'elle illumine ma journée.

Des hauteurs il tend la main pour me saisir, il me retire du gouffre des eaux ; il me délivre d'un puissant ennemi, d'adversaires plus forts que moi : nous voyons bien ici combien les images n'ont aucun sens en soi, qu'elles sont au service de cette impossible description de qui est Dieu et quelle est son œuvre. Ainsi le fond des mers vient de se découvrir mais le priant est englouti ; et voici que Dieu qui était descendu se retrouve dans les hauteurs. Dieu se cache, se dérobe, mais il fait entendre sa voix et répand la terreur. Chaque symbole pourrait être étudié, mais regardons plutôt ce geste du Seigneur qui tend la main pour retirer du gouffre, pour libérer, délivrer.

Au jour de ma défaite ils m'attendaient, mais j'avais le Seigneur pour appui : le psalmiste a connu la défaite et le salut. Il témoigne de l'action de son Dieu qui dégage, met au large : l'inverse des liens et des pièges (v. 5-6). 

Et lui m'a dégagé, mis au large, il m'a libéré : « Etre mis au large » ! Porter son regard plus loin que nos égocentrismes. La liberté est offerte pour se tourner vers les autres.

car il m'aime : cette première partie du psaume est ainsi encadrée : entre « Je t'aime » (v.1) et « il m'aime » (v.20). Il y a de quoi faire ici une pause dans le chant pour méditer cet amour entre deux êtres, entre le psalmiste et son Seigneur. Amour qui est plus fort que la mort si vigoureusement décrite dans l'entre-deux. 

Seigneur Dieu, donne-moi un cœur large, que je n'aie d'autres soucis que de répandre, de partager tous les dons dont je suis l'objet : ton amour d'abord, et ce salut, cette liberté que tu m'offres.

mardi 19 septembre 2017

Une lueur

Ps 17
13 Une lueur le précède,
ses nuages déferlent :
grêle et gerbes de feu.
14 Tonnerre du Seigneur dans le ciel,
le Très-Haut fait entendre sa voix :
grêle et gerbes de feu.
15 De tous côtés, il tire des flèches,
il décoche des éclairs,
il répand la terreur.
16 Alors le fond des mers se découvrit,
les assises du monde apparurent,
sous ta voix menaçante, Seigneur,
au souffle qu'exhalait ta colère.

Viens Esprit Saint, toi seul peux nous révéler qui est notre Dieu.

Une lueur le précède : quelle est cette lueur, seule touche de douceur dans ces versets ? Qu’est-ce qui annonce la venue du Seigneur ?

ses nuages déferlent : grêle et gerbes de feu : de nouveau la nature et ses débordements sert d’illustration à la toute-puissance de Dieu.

Tonnerre du Seigneur dans le ciel, le Très-Haut fait entendre sa voix : grêle et gerbes de feu : quoi de plus terrifiant que le tonnerre, les gerbes de feu (répétées)… ? La voix de Dieu tonne littéralement…

De tous côtés, il tire des flèches, il décoche des éclairs, il répand la terreur : reprise du thème de l’orage et confirmation de la mise-en-scène terrifiante.

Alors le fond des mers se découvrit, les assises du monde apparurent : de pire en pire… à quoi nous prépare toute cette démonstration ?

sous ta voix menaçante, Seigneur, au souffle qu'exhalait ta colère : un Dieu en colère (rappelons-nous pourquoi : l’écrasement de son fidèle par les méchants), qui, d’un souffle, d’une parole menaçante, est capable de toute manifestation y compris de faire apparaître les assises du monde…

Est-ce vraiment l’image de Dieu qu’avaient les contemporains du psalmiste ? Veut-il leur inspirer une « sainte crainte » de la divinité ? Ou démontrer que son Dieu est plus puissant que tous les autres, que c’est bien lui qu’il faut honorer ? Dans ce contexte de cataclysme, que va finalement faire Dieu ?


Seigneur Dieu, accorde-nous la grâce de rester toujours à l’écoute de ta parole, à l’écoute de nos frères, afin que nous découvrions peu à peu qui tu es : Dieu à la fois plein de force et de bonté. Mets-en nos cœurs une juste crainte, une crainte inspirée par ta transcendance : tes chemins ne sont pas nos chemins, tes pensées sont tellement élevées au-dessus de nos pensées…

lundi 18 septembre 2017

Il descend

Ps 17
8 La terre titube et tremble,
les assises des montagnes frémissent,
secouées par l'explosion de sa colère.
9 Une fumée sort de ses narines,
de sa bouche, un feu qui dévore,
une gerbe de charbons embrasés.
10 Il incline les cieux et descend,
une sombre nuée sous ses pieds :
11 d'un kéroub, il fait sa monture,
il vole sur les ailes du vent.
12 Il se cache au sein des ténèbres
et dans leurs replis se dérobe :
nuées sur nuées, ténèbres diluviennes.

Viens Esprit Saint, viens habiter nos cœurs quand nous prions la Parole.

La terre titube et tremble, les assises des montagnes frémissent, secouées par l'explosion de sa colère : l’homme a crié et Dieu a entendu sa voix. La réponse ne se fait pas attendre. Les obstacles deviennent le lieu où Dieu déploie sa puissance. La colère de Dieu éclate lorsque les « ennemis » nuisent à son fidèle, c’est-à-dire à celui qui a mis sa confiance en lui. La création toute entière est comme associée à l’action de Dieu.

Une fumée sort de ses narines, de sa bouche, un feu qui dévore, une gerbe de charbons embrasés : le psalmiste nous plonge dans une ambiance dantesque où le feu est central, ce feu qui va détruire le mal.

Il incline les cieux et descend, une sombre nuée sous ses pieds : Dieu est dans son Temple, sur sa montagne, dans les cieux, bref loin de l’homme. Mais les cieux vont se déchirer ! Le cri poussé dans l’angoisse fait réellement « descendre » Dieu dans son amour pour nous. Si la terre tremble, les cieux, eux, s’inclinent pour donner passage au Seigneur. La TOB traduit joliment : "il déplia les cieux et descendit".

d'un kéroub, il fait sa monture, il vole sur les ailes du vent : le psalmiste n’hésite pas à reprendre des images « païennes » telle celle du taureau ailé ou « kéroub » souvent placé au seuil des temples et des palais des Assyriens. Une autre traduction plus "biblique" donne : "sur le char du chérubin" car keroub peut être lu comme le singulier de keroubim qui donnera chérubins... qui ne deviendront des angelots joufflus qu'à la Renaissance !

Il se cache au sein des ténèbres et dans leurs replis se dérobe : nuées sur nuées, ténèbres diluviennes : contraste, on passe d’un Dieu qui se manifeste avec fracas, à un Dieu caché, qui se dérobe. Dieu est insaisissable, et, en tous cas, l’homme ne peut mettre la main sur lui. S’il descend à l’appel du priant, s’il entend sa supplication, seul son amour pour lui le pousse à « voler » à son secours. Rien ne peut l’y obliger.


Seigneur Jésus, tu es le Dieu qui descend. Par ton incarnation, tu as rejoint nos chemins humains. Reste avec nous à jamais comme tu nous l’as promis.

dimanche 17 septembre 2017

Il entend ma voix

Ps 17
4 Louange à Dieu !
Quand je fais appel au Seigneur,
je suis sauvé de tous mes ennemis.
5 Les liens de la mort m'entouraient,
le torrent fatal m'épouvantait ;
6 des liens infernaux m'étreignaient :
j'étais pris aux pièges de la mort.
7 Dans mon angoisse, j'appelai le Seigneur ;
vers mon Dieu, je lançai un cri ;
de son temple il entend ma voix :
mon cri parvient à ses oreilles.

Viens Esprit saint, accorde-nous cette confiance qui nous donne l’audace de crier vers notre Dieu.

Louange à Dieu ! : le psalmiste a répété sur tous les tons sa confiance en la fidélité de son Dieu. Et cela débouche sur cette exclamation de louange. Reconnaître qui est notre Dieu ne peut que nous mener à le louer !

Quand je fais appel au Seigneur, je suis sauvé de tous mes ennemis : c’est sur son expérience qu’il se base : son Dieu est un Dieu sauveur, un Dieu vers lequel on peut crier.

Les liens de la mort m'entouraient, le torrent fatal m'épouvantait ; des liens infernaux m'étreignaient : j'étais pris aux pièges de la mort : description d’une situation de détresse telle qu’il en était véritablement prisonnier, c’est comme si la mort elle-même le cernait, le paralysait. Les termes d’emprisonnement (liens, pièges) sont répétés ainsi que les références à la mort, aux enfers. Bref, une situation extrême, sans issue à vue humaine.

Dans mon angoisse, j'appelai le Seigneur ; vers mon Dieu, je lançai un cri : alors le priant appelle, crie… Nous retrouvons la thématique du Ps 116 v.6  appeler, entendre, répondre…

de son temple il entend ma voix : mon cri parvient à ses oreilles : oui, l’auteur en est sûr, Dieu l’entend, il perçoit son cri de détresse… il va lui répondre.

Seigneur Jésus, toi, le « Dieu qui répond », entends notre prière, vois la détresse de tes enfants, reçois le cri de tous ceux qui sont enserrés par l’angoisse. Alors tous pourront te reconnaître et te louer.